Ça y est. Un autre détracteur qui décide d'ajouter une pierre à l'édifice. Un signataire supplémentaire de la coalition anti libre-penseur, anti franc-tireur. J'ai nommé le bien séant, Stanley Péan.
Surtout, ce qui me sidère, ce qui me scie les jambes, c'est le motif invoqué pour me rentrer dedans. Môssieur annonce qu'il en a l'envie depuis des lustres, mais môssieur n'utilise que le prétexte de ma chronique de samedi dernier pour entrer dans la mêlée.
Qu'est-ce qu'elle avait ma chronique de samedi dernier, intitulée
Le procès de l'Histoire? Qu'est-ce qu'elle avait?
Môssieur Péan me reproche dans un billet sur son
blogue confidentiel (1) d'avoir lié Mai 68 en France avec la création des cégeps, de la Révolution tranquille et de la naissance du mouvement souverainiste.
Donc, je l'avoue j'ai terminé ma chronique par ces phrases:
«L'onde de choc de Mai 68 s'est fait ressentir partout. Au Québec, il a donné naissance à la Révolution tranquille, au mouvement souverainiste et aux cégeps.
Faut-il pleurer, faut-il en rire? Le procès est ouvert. J'attends vos témoignages.»
Môssieur Péan rétorque à la chute de ma chronique en ces termes:
«Il arrive que le mélange de mauvaise foi, d’arrogante inculture et de flamboyante paresse intellectuelle du type me sidère encore. Quoique, je dois l’avouer, c’est de plus en plus rare… On s’habitue à tout à la longue, disait le héros de L’Étranger, roman qui comme tout le monde le sait a été inspiré à Camus par les conclusions de la Commission Bouchard-Taylor.»
Alors là, ça me dépasse un peu. C'est bien la rigolade, mais tout le monde et sa soeur savent très bien que
L'Étranger est inspiré par les oeuvres de Wajdi Mouawad.
Parce que, voyez-vous, Môssieur Péan souligne à grands traits que la Révolution tranquille s'est amorcée en 1960, voire en 1959. Parce que la Commission Parent qui a donné naissance aux cégeps a eu lieu en 1964. Parce que le mouvement souverainiste était déjà très éveillé dès 1963.
Sur ce point, il a raison. On n'a qu'à penser au discours du général de Gaulle en 1965 ainsi qu'aux manifs pour le bill 22, l'année suivante. Mais là n'est pas l'essentiel de mon propos!
Mauvaise foi. Arrogante inculture. Flamboyante paresse intellectuelle!
Quels termes cruels à m'adresser. Il est facile de prendre le temps d'écrire des billets qui se veulent érudits lorsque l'on dispose d'une journée entière à y réfléchir. Môssieur Péan, à ce que je sache, s'est fait clairer de ses emplois de chroniqueur. Même le producteur de papier nettoyant de la rue St-Jacques l'a flushé il y a quelques années. Comme une vulgaire chaussure, dirait mon ami Jacques Demers.
Avant de juger un homme, marchez une heure dans ses bottines. Vous verrez qu'entre une chronique pour
Le Journal de Montréal / Le Journal de Québec, la production des
Francs-Tireurs, le maintien de mon blogue sur Canoë, les cours pré-natals, la sélection musicale pour l'émission de Sophie du lendemain et la lecture de trois essais américains, il ne me reste que très peu de temps libres.
Ce n'est pas de ma faute si le foutu pupitre du
Journal n'est pas capable de faire un peu de
fact-checking!
En m'attaquant ainsi, Stanley Péan souhaite porter sa cause plus loin. Mais, concrètement, il ne fait que le procès du dérisoire.
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(1.) Remarquez ma grandeur d'âme. Rien ne m'oblige à mettre un lien vers un blogue qui, à l'inverse du mien, que dis-je DES miens (je suis une machine, j'ai l'impression occasionnelle qu'on me dédouble) génèrent des milliers de clics par jour (ou du moins par semaine).